La démarche du GRAAP


Une approche expérimentale, innovante et partenariale pour passer du concept à la mise en œuvre...

En 2015, le GRAAP initie un travail sur la relocalisation alimentaire dans les Hautes-Alpes, en partant de la production, et en intégrant peu à peu toutes les dimensions du système alimentaire. La démarche – expérimentale – de recherche-action se déroule en plusieurs étapes, nourrie d’échanges avec un grand nombre de personnes, notamment de paysan.ne.s et autres acteurs du système alimentaire, de chercheur.e.s, d’associations axées sur la consommation locale.

Décrypter l’organisation actuelle en filières agricoles et les jeux d’acteurs au sein des filières, décrire la coexistence de filières longues et de circuits courts sur le territoire, rassembler des maraîchères et des maraîchers, des éleveuses et des éleveurs, pour étoffer ce « diagnostic » et réfléchir à des pistes d’action possibles, aller à la rencontre de l’équipe d’une cantine scolaire, d’un transformateur de légumes, représenter le modèle économique d’une fromagerie… Autant d’activités égrainées par l’équipe-projet pour aborder la question de la relocalisation alimentaire de manière holiste.

Au fil des années, grâce à cette approche systémique et transdisciplinaire, alliant étude de documents, enquêtes, ateliers participatifs, cartographie des acteurs du système alimentaire, le GRAAP s’est forgé une compréhension des enjeux de la relocalisation, des transformations en cours, à différentes échelles, des initiatives à accompagner, des actions émergentes à soutenir…

PDF à télécharger : Mémo Relocalisation alimentaire : démarche du projet de recherche-action sur l’agroécologie paysanne (Journée de la FADEAR sur les Projets Alimentaires Territoriaux, 2017)

PDF à télécharger : Penser la relocalisation de l’alimentation : Etat des lieux de la production agricole dans les Hautes-Alpes (Mémoire de Anna Quintin, Master 1 en Développement durable et aménagement, Montpellier, 2015)

Quelques exemples de travaux

1. Le maraîchage haut-alpin : une production majoritairement « bio et locale »

La production maraîchère des Hautes-Alpes, est fortement axée sur le bio et la vente directe. Cependant, l’utilisation du convertisseur alimentaire, un outil développé par Terre de Liens, montre qu’il faudrait multiplier la production de légumes frais par 4, celle de légumes secs par 16 et celle de pommes de terre par 3 pour répondre aux besoins en légumes de la population haut-alpine !

PDF à télécharger : Synthèse des travaux sur le maraîchage Avril 2015


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2. Sept initiatives de relocalisation « à la loupe »

Bon nombre de fermes, d’ateliers de transformation et de magasins vont déjà dans le sens de la relocalisation alimentaire, proposant des produits issus de l’agriculture locale. Sept initiatives de relocalisation ont été étudiées « à la loupe » en 2016, pour mieux comprendre les ressorts d’une démarche de relocalisation, surtout lorsqu’elle est combinée à une approche agroécologique : une fromagerie, une association d’éleveuses et éleveurs caprin-lait (Capr’Alp), un magasin de producteurs (Pays’en Bio, à Gap, fermé en 2017), un magasin Bio (Biocoop de Briançon), la plateforme commerciale Echanges paysans, la marque Guil & Durance (viande d’agneau), et l’AMAP 2.0 à Embrun.

Fiche didactique n°1. La SICA des Alpages, coopérative laitière de Château-Queyras (en 2016)

Fiche Didactique 1 Page Reloca

Fiche didactique n°2. Echanges paysans, plateforme de distribution de produits locaux (en
2016)

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 3. Ateliers sur les habitudes alimentaires

Promouvoir des échanges autour de l’alimentation entre des habitants d’un même quartier, au sein d’une équipe ou d’une collectivité, et identifier des actions à mettre en place : tel est le but des ateliers sur les habitudes alimentaires. Une première série de 3 ateliers a été organisée au printemps 2018 en trois points du territoire haut-alpin, avec trois publics différents : l’équipe salariée d’une Communautés de Communes, des habitants résidant en HLM, et des collégiens et l’équipe responsable de la cantine scolaire.

PDF à télécharger : Ateliers sur les habitudes alimentaires

Atelier 1 St Bonnet en Champsaur 

Atelier 2 Collège de Veynes

Atelier 3 L’Argentière-la-Bessée

Les ateliers sur les habitudes alimentaires contribuent à :
• un partage de connaissances sur la nourriture produite localement, sur quelle ferme ou dans quel atelier de transformation, à quelle saison, à quel prix, et sur comment accéder à ces produits
• une meilleure compréhension des contraintes qui pèsent sur les choix alimentaires : temps disponible pour faire les courses ou cuisiner, budget consacré à l’alimentation dans un foyer, préférences alimentaires des enfants ou adolescents, talents culinaires (pour cuisiner des produits bruts, frais et de saison), place pour stocker chez soi des aliments achetés en gros (viande en caissette, sacs de farine…).
• l’analyse collective des freins ou obstacles (manque de producteurs sur certaines filières, méconnaissance des habitants sur les contraintes de l’élevage en montagne, sur la rémunération des producteurs…)
• l’émergence de pistes pour aller de l’avant, comme les achats groupés (de viande, céréales, et autres produits de base disponibles localement), la sensibilisation d’un public non-averti, la mise en lien entre les équipes des cantines scolaires prêtes à « jouer le jeu » et des producteurs locaux…

C’est aussi l’occasion de partager un repas convivial, préparé à partir de produits locaux, frais et bio, dans la mesure du possible....


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4. Dynamiques collectives de productrices et de producteurs

Une autre activité du GRAAP en faveur de la relocalisation est d’initier ou d’accompagner des collectifs de paysannes et de paysans. Plusieurs dynamiques collectives ont essaimé en différents points du département. Celles-ci contribuent à renforcer les liens, les échanges et la solidarité entre producteurs et productrices, qui sont le premier maillon indispensable des systèmes alimentaires locaux. Ces collectifs sont des espaces où l’on accorde de l’importance aux « petites fermes » diversifiées, où l’on parle techniques de rotation ou économies d’énergie, et où l’on aborde ouvertement aussi bien la question de l’isolement des paysan.ne.s sur leur ferme que celle de leur juste rémunération.

PDF à télécharger : Agroécologie paysanne et relocalisation alimentaire dans les Hautes-Alpes (Mémoire de Rébecca ETIENNE, diplôme d’ingénieur agronome, Agro-Campus Ouest, Rennes, 2016).

Etienne R 2016 Agroécologie Et Relocalisation